La musique de la renaissance pour guitare classique (de 1530 à 1630)
En 1501, à Venise, l'imprimeur Ottavio Petrucci (1466?-1539) innove en introduisant dans l'imprimerie le procédé typographique. La page est imprimée en trois temps : d'abord les portées, ensuite les notes et enfin le texte et la pagination. Ce nouveau procédé remplace les anciennes techniques : copie manuscrite, impression à partir d'une matrice unique en bois ou en métal. Le très riche répertoire du luth est alors abondamment publié. A ce sujet voir : Harmonice musices Odhecaton. A. BR Extrait Adieu mes amours
En 1536, soit un siècle après l'apparition de l'imprimerie en Europe, don Luys Milán, gentilhomme attaché à la cour du roi du Portugal et des Îles, publie à Valence le "Libro de musica de vihuela de mano Entitulado El maestro", ce recueil de musique contient des pièces instrumentales pour vihuela, ainsi que des chansons avec accompagnement de vihuela. Deux ans plus tard, en 1538, Luys de Narváez édite à Valladolid "Los seys libros del Delphin de musica" qui inaugurent en Espagne l'exercice des variations sur un thème. En 1546, "Tres libros de musica en cifra para vihuela" d'Alonso Mudarra paraissent à Séville. Dans le troisième livre sont publiées pour la première fois de petites pièces écrites pour la guitare, alors dotée de quatre cordes.
Au cours du seizième siécle, une vingtaine de livres pour guitare seront publiés, principalement à Paris. En 1550 Michel Fezandat obtient le privilège pour imprimer de la musique pendant 6 ans. Il s'associe à Robert Granjon et installe ses presses au Mont Saint Hylaire à Paris. Michel Fezandat publiera Guillaume Morlaye et Simon Gorlier. En 1551, Adrian Le Roy s'associe à son cousin Robert Ballard. Tous deux fondent une importante maison d'édition bénéficiant du nécessaire privilège royal pour 9 ans. De 1551 à 1556, Adrian Le Roy et Robert Ballard installés rue Saint-Jean-de-Beauvais publient 5 livres de tablatures de guitare.
En Espagne, vers 1570, le registre grave de la guitare est augmenté par l'adjonction d'une cinquième corde. Cette addition de cordes, ainsi que le dos plat qui sera définitivement adopté dès 1650, vont faire qualifier l'instrument de "guitare espagnole".